Nucléaire? Non merci!

– Zusammenfassung –

Am 24.04.2010, fast auf den Tag genau 24 Jahre nach dem Reaktorunfall in Tschernobyl, fanden in Deutschland Aktionen gegen die Nutzung der Kernenergie statt : Zwischen den Atomkraftwerken in Krümmel und Brunsbüttel (Schles­wig-Holstein) wurde eine Menschenkette gebildet, das Kernkraftwerk in Biblis (Hessen) wurde umzingelt und auch vor dem Zwischenlager in Ahaus (Nord-Rhein-Westfalen) wurde demonstriert. Die etwa 120.000 Demonstranten zeigten damit ihre Empörung über die derzeit diskutierte Laufzeitverlängerung der Atomkraftwerke, denn Störfälle können trotz modernster Technologien weiterhin nicht ausgeschlossen werden. Eben­so wenig kann eine sichere Endlagerung des Atommülls garantiert werden.

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– Resumen –

El 24/04/2010, casi exactamente 24 años después del accidente nu­clear en Chernobil, unas acciones en contra del uso de la energía a­tó­mica tuvieron lugar en Alema­nia: Entre los reactores nucleares de Krümmel y Brunsbüttel (Schles­wig-Holstein) se construyó una ca­dena humana, el reactor nuclear en Biblis (Hessen) fue encerrado y tam­bién enfrente del depósito in­termedio (basurero subterráneo nu­clear) en Ahaus (Nord-Thein-West­falen) hubo manifestaciones. Los aproximadamente 120.000 ma­­­ni­fes­tantes mostraron así su in­­di­gnación sobre la discusión ac­tu­al por la extensión de la vigencia de los reactores nucleares, pues in­­ci­dentes no pueden ser des­car­tados a pesar de las tec­nologías modernas. Además, no se puede garantizar una deposición segura.

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Depuis des décennies, des personnes très différentes luttent contre l’utilisation ci­vile de l’énergie nucléaire. Les deux bombardements atomiques d’Hiroshima et de Nagasaki pendant la deuxième guerre mondiale ont déjà montré au monde les effets catastrophiques qu’im­plique cette technologie. Les gens ont commencé à concevoir le danger qu’apporte l’énergie nucléaire ; et ils en ont eu peur.  Le mouvement antinucléaire existait donc déjà avant les deux acci­dents les plus graves dans l’histoire de la technologie nucléaire : celui de Three Miles Island en 1979 ainsi que la catastrophe de Tchernobyl en 1986. Toute­fois, ces deux incidents ont intensifié le mouvement, de plus en plus de personnes y ont pris part.

Le traitement des déchets radioactifs pose un problème qui n’est toujours pas résolu. De plus, il y a constamment le danger d’un incident grave. Les popu­lations de plusieurs pays ne veulent plus vivre avec un tel péril parmi eux. Les protestataires s’aident de méthodes variées pour exprimer leur protestation : des manifestations et des réunions in­formationnelles, des blocages et même du sabotage. En Allemagne, une nouvelle façon d’opposition s’est développée pendant les dernières années : le change­ment du courant électrique. Les con­sommateurs ne sont plus disposés à utiliser l’énergie nucléaire, ils prennent donc le courant écologique.

« Débrancher l’énergie nucléaire »

Malheureusement, cette méthode ne su­ffit pas pour arrêter les centrales atomiques en Allemagne. D’un côté, il y a toujours des personnes qui ne changent pas de courant électrique. De l’autre côté, il y a plusieurs fournisseurs d’électricité qui offrent le courant écologique, mais qui utilisent toujours l’énergie nucléaire. Pour cette raison, la coalition rouge-verte a adopté l’arrêt du nucléaire en 1998. Les centrales nucléaires allemandes devaient tous être débranchées en 2022. Ce com­promis servait à donner assez de temps aux quatre groupes énergétiques pour réorganiser l’alimentation de courant. En même temps, l’accord rassurait le peuple excédé. Effectivement, même le mou­vement antinucléaire s’est calmé.

Cette année, les réacteurs nucléaires les plus vieux de l’Allemagne devaient être arrêtés. Par contre, il y a la coalition noire-jaune, présentement au pouvoir, qui envisage de prolonger la durée de vie des réacteurs. Les politiciens voient la tech­nologie nucléaire comme une étape intermédiaire importante pour réduire les émissions de CO₂. De plus, l’économie du secteur énergétique a une grande in­fluence sur la politique actuelle ; et les entreprises ne veulent pas perdre une source de revenus si grande. Ainsi, la population reste sur sa faim, la sortie du nucléaire civil semble avoir échoué. C’est pourquoi, le 24 avril 2010,   24 ans après la catastrophe qui s’est passée à Tcher­nobyl, trois grandes manifestations ont eu lieu contre le nucléaire en Allemagne. Les protestataires ont construit une chaîne humaine entre deux centrales atomiques, ils ont entouré une autre centrale nucléaire et ils ont manifesté devant un centre de stockage intermédiaire.

Le « Die in » à Biblis

La chaîne humaine s’étendait au nord de l’Allemagne, entre les centrales ato­miques de Krümmel et de Brunsbüttel. Environ 100.000 personnes sont venuespour montrer leur opposition aux hom­mes de pouvoir. L’organisation d’une telle chaîne qui devait s’étaler sur une distance de 120 km n’était pas facile ; on avait besoin d’assez de gens sur toutes les étapes. On a craint qu’il n’y ait pas assez de gens pour remplir tous les trous. Finalement, bien que la sectorisation ne soit pas parfaite, la chaîne humaine était complète. Quelques étapes étaient plus bondées qu’autres, pourtant on a atteint le but commun. Le message de ce ra­ssemblement de personnes différentes était énorme : Nous n’acceptons pas votre politique qui s’intéresse plus pour l’économie que pour la population.

A Biblis en Hesse, 20.000 autres mani­festants se sont réunis pour encercler la centrale nucléaire. Ils ont cerné la zone industrielle pour y faire un « Die in ». C’est-à-dire, lorsque tout le monde était placé, une sirène d’usine a retenti et tous les protestataires sont tombés par terre, comme mourants. Cette scène mortuaire a persisté pendant cinq minutes. Les seuls survivants ont porté des masques à gaz ; ils tenaient des banderoles antinucléaires. De cette façon, les manifestants ont montré les effets affreux d’un incident grave.

Par ailleurs, il y a eu une autre manifes­tation au centre de stockage à Ahaus en Rhénanie-du-Nord-Westphalie. Ces trois grandes actions ont témoigné qu’il y a toujours un grand mouvement contre l’énergie nucléaire en Allemagne. Ce qui était fascinant, c’était la participation des jeunes aux manifestations. Le mouvement antinucléaire, ce ne sont pas seulement les opposants qui ont déjà lutté contre le nucléaire pendant les années 1980, mais également les nouvelles générations qui s’investissent contre cette technologie.

Pendant les manifestations, des musiciens ont accompagné l’ambiance d’opposition. Ils ont joué des vieilles chansons de protestation ; la foule a écouté, chanté et même dansé. De plus, les discours et les paroles des organisateurs ont intensifié l’expérience commune. Cependant, les orateurs n’ont fait grâce à personne : critiquant les politiciens pour leur programme pro-nucléaire, les groupes énergétiques pour leur esprit de lucre, mais ils ont aussi fait des remarques sur l’accord rouge-vert concernant l’arrêt du nucléaire. Selon eux, c’était un com­promis boiteux ; si la coalition de 1998 avait arrêté l’énergie nucléaire tout de suite, de telles manifestations ne seraient plus nécessaires de nos jours. Le gou­vernement actuel ne remettrait pas les réacteurs en marche.

De toute façon, il est certain que deux tiers de la population allemande n’approuve pas l’énergie nucléaire. Les manifestations du 24 avril ont grande­ment montré l’engagement des Allemands. Il ne nous reste qu’à espérer que les politiciens en tireront les con­séquences et poursuivront l’arrêt du nucléaire.

Belinda Grasnick

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